A bouche décousue

29 août 2018

Paquet numéro 069:La communion solennelle

Paquet numéro 069…La communion solennelle

`

P1010551

Il faut dire que cela faisait rêver à l’époque la COMMUNION….

Il fallait les voir passer dans la rue ,les communiantes,vêtues de leurs robes blanches immaculées avec leurs voiles et sonner chez les gens pour distribuer les image...En tout cas ,elles sont comme ça dans mon souvenir.

Choisir l’image,un paquet de dragées… L’image est précieuse avec des lettres dorées .

Il y a quelque chose chez elle qui en fait des mariées en devenir ou des mariées miniatures .

La communion c’est surtout un essayage de la future robe de mariée.

L’aspect religieux est gommé depuis longtemps.

On retient surtout qu’il y aura des invités et que l’on recevra des cadeaux.

Pour les garçons la gourmette avec le prénom est tendance.

Les montres aussi.

Peut être les stylos pour un aspect plus usuel.

Je ne me souviens bizarrement pas des communions de mes frères.

Pourtant des photos sont là.

Je ne me souviens pas non plus de leurs cadeaux ,peut être pourrais je les questionner.

Portait-il une aube?

Par contre je me souviendrais longtemps de ce que je portais.

Alors que ce jour attendu approchait et q’une illusion de croyance je maintenais dans ma cervelle pour être digne de porter le vêtement ,ma mère décida contre toute attente que je ne porterai pas d’aube.

Le prêtre au catéchisme ou à la réunion avait bien spécifié que toute tenue civile cachant les jambes pourrait convenir.On était après mai 68 un vent de liberté soufflait un peu partout.Ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde.Ma mère toute à l’idée de faire des économies en joignant l’utile et le nécessaire vit l’opportunité de me faire porter une tenue civile que je pourrai utiliser par la suite au lieu de conserver une aube dans la naphtaline.

Elle me fit part de son projet en me montrant des modèles « d’ensemble »dans une revue,sur un patron?En tout cas il s’agissait d’un ensemble gilet et pantalon .De stupeur ,de frayeur ,de désillusion ,mes yeux devaient trahir mes sentiments .J’ai le souvenir peut être erroné qu’elle présenta la chose au mieux en m’expliquant que ce serait une couturière qui le ferait.Ma mère cousait mais ne fabriquait pas de vêtements .

Est-ce donc une couturière qui me fit cet ensemble?

Dans mon souvenir il est bleu.

Un tissu léger peut être doublé et assez léger pour la saison.

Je devais porter un corsage blanc dessous.

A manches longues?

Ensuite je me revois arriver dans l’église,marchant assez fièrement vers le prêtre qui me regarda comme une intruse ,je dus lui dire que je faisais ma communion car a priori cela ne se voyait pas.

Il m’indiqua à contre coeur l’allée où étaient rangées des aubes blanches…

Ainsi se fut une double négation de ma féminité.

Pas en robe.Et en bleu…

Pour le reste il y eut une fête et un bon repas .

Je me souviens du cadeau .

C’était un bracelet dizainier,un bracelet blanc et doré pour dire des prières…

L’objet était précieux mais trop religieux.

Je ne me souviens pas m’en être servi.

Par contre j’ai pu retrouver le même qui est présent deux fois dans mon paquet.

 

 

Constitution du paquet.

P1010573

J’ai évidemment cherché partout un ensemble qui pouvait ressembler à celui dont j’ai souvenir.

J’ai trouvé des choses similaires mais jamais en bleu.

J’ai donc choisi un ensemble rouge aux formes s’en approchant.

J’ai aussi cherché dans les anciens partons trace d’un tel vêtement et j’ai trouvé.

L’ambiance de l’époque est là.

 

En cherchant des aubes de communion,j’en ai trouvé une qui est faite comme une robe longue avec un col et de la broderie anglaise,le voile très simple cela peut correspondre  à l’époque.

Très féminine ,éloignée de la très traditionnelle aube.

Je l’ai donc laissé paraitre sous le gilet.Comme un corsage.

J’ai lassé la robe-aube tomber en pan en bas du paquet .Certains  plis sont brodés au coton bleu ,bleu si présent dans ma mémoire.

Le pantalon rouge affiche une jambe provocante ,j’ai brodé un ruban bleu sur un côté,pour rappel.

J’ai utilisé les papiers très fin comme du papier de soie du patron un  beige et l’autre bleu pour « bourrer »certains endroits du paquet comme l’encolure de la robe et ils apportent une jolie matière.

De meme autour de la communiante sur l’autre coté du paquet.

Des images de communion sont présentes ,piquées avec des épingles de couturière dont certaines fidèles à l’époque(porte rouge).

Le tour découpé de l’une d’elle est présent autour de la jeune-fille qui porte ma tenue de « communiante ».Des dos d’image de communiante sont présents à deux endroits portant la mention tapée machine, souvenir de communion solennelle (on peut dire aussi communion privée ….).

Les papiers sont fixés avec des épingles à couture …thème du paquet aussi…Des plus grosses épingles anciennes se retrouvent aussi ici.un morceau de ruban bleu pour rappel.Une feuille blanche tombée de la couronne.

Le bracelet dizainier est fixé a une boutonnière du gilet.

P1010574

P1010575

P1010579

P1010581

P1010588

 

P1010622

 

P1010592

P1010601

L’autre côté du paquet est constitué d’un savant pliage de l’aube blanche dans laquelle j’ai creusé une cavité.Découpée dans l’épaisseur des tissus puis bourrée sur le côté avec le papier du patron ainsi qu’une petite grotte.A l’intérieur j’ai glissé une communiante en plastique (top de gâteau de communion) habillée par mes soins avec un pantalon et un gilet bleu,,faux bras et chemise à droite ,voile caché par un morceau de papier(patron) et croix dorée supplémentaire.

Tout autour de la communiante une couronne de communion ancienne est fixée comme autour d’une statue avec aussi des épingles anciennes avec étoiles noires er d’autres blanches .

J’ai aussi fixé une médaille dorée consacré à Sainte Chantal.

La religion  Catholique et tout ce qui l’entoure a été très présente autour de moi durant l’enfance et particulièrement chez mas grands parents où les dimanches étaient bien particuliers et où des objets mystérieux étaient parsemés et éveillaient ma curiosité.Le globe de mariée dans une chambre ,les missels et les images,les crucifix ,et tous ses vêtement noirs que ma grand mère portait pour se rendre à la messe à l’église du village.

J’ai donc glissé sur côté du paquet des souvenirs anciens comme le gant écru et un petit porte monnaie noire qui font écho à la nostalgique vision des mystères de la religion.

Une bracelet dizainier est aussi présent sur ce côté.

Le patron jauni d’un ensemble gilet pantalon évoque ma tenue.

Une jolie image de communiante blanche.(telle que je me sera rêvée)

Je me suis servie du cordon de l’aube pour réaliser le tour du paquet.

J’ai passé dans me cordon un fil de fer et à intervalles réguliers j’ai noué un fil de coton bleu.

J’ai formé tout autour du paquet des arcs (passés dans un morceau du cordon qui fait le tour du paquet)comme pour décorer le tour, dans l’esprit tour d’une image pieuse.Un arceau sur deux est garni d’une médaille pieuse ancienne comme il en trainait partout dans les maisons et aussi dans la boite à boutons.

Un morceau de ruban bleu entouré d’une jolie dentelle sert de poignée au paquet.`

A l’intérieur du paquet se trouve un autre ensemble pantalon gilet de couleur verte et dont le tissu est plus proche,en qualité, de ce que je me souviens avoir porté.(on l’aperçoit en haut du paquet)

P1010554

P1010557

P1010558

P1010565

P1010555

P1010569

P1010571

P1010559

 

Le numéro 0609 a été attribué à capeyer ,il est attaché ace un morceau de corton blanc sur lequel j’ai cousu un petit chemisier blanc(poupée mannequin),des médailles pieuses ,un morceau de carte de communion marqué « souvenir de ma communion privée  faite en l’église..»des ciseaux de couture et un morceau de patron bleu.

Comme tous les paquets souvenirs les tissus et vêtement sont attachés pour former un paquet bien ficelé par du fil de lin ancien .

Certains élément pourtant sont cousus comme le ruban qui sert de « poignée » ,au coton à broder bleu.

 

P1010553

 

 

 


03 novembre 2017

Cendrillon des champs.

Et donc:”Quand ses deux sœurs revinrent du bal, Cendrillon leur demanda si elles s'étaient encore bien diverties, et si la belle dame y avait été ; elles lui dirent que oui, mais qu'elle s'était enfuie lorsque minuit avait sonné, et si promptement qu'elle avait laissé tomber une de ses petites pantoufles de vair, la plus jolie du monde ; que le fils du roi l'avait ramassée, et qu'il n'avait fait que la regarder pendant tout le reste du bal, et qu'assurément il était fort amoureux de la belle personne à qui appartenait la petite pantoufle. Elles dirent vrai, car peu de jours après, le fils du roi fit publier à son de trompe qu'il épouserait celle dont le pied serait bien juste à la pantoufle. On commença à l'essayer aux princesses, ensuite aux duchesses, et à toute la cour, mais inutilement. On l'apporta chez les deux sœurs, qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied dans la pantoufle, mais elles ne purent en venir à bout. Cendrillon qui les regardait, et qui reconnut sa pantoufle, dit en riant : « Que je voie si elle ne me serait pas bonne ! » Ses sœurs se mirent à rire et à se moquer d'elle. Le gentilhomme qui faisait l'essai de la pantoufle, ayant regardé attentivement Cendrillon, et la trouvant fort belle, dit que cela était juste, et qu'il avait ordre de l'essayer à toutes les filles. Il fit asseoir Cendrillon, et approchant la pantoufle de son petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine, et qu'elle y était juste comme de cire. L'étonnement des deux sœurs fut grand, mais plus grand encore quand Cendrillon tira de sa poche l'autre petite pantoufle qu'elle mit à son pied.
Là-dessus arriva la marraine qui, ayant donné un coup de sa baguette sur les habits de Cendrillon, les fit devenir encore plus magnifiques que tous les autres. Alors ses deux sœurs la reconnurent pour la belle personne qu'elles avaient vue au bal. Elles se jetèrent à ses pieds pour lui demander pardon de tous les mauvais traitements qu'elles lui avaient fait souffrir. Cendrillon les releva, et leur dit, en les embrassant, qu'elle leur pardonnait de bon cœur, et qu'elle les priait de l'aimer bien toujours. On la mena chez le jeune prince, parée comme elle était : il la trouva encore plus belle que jamais, et peu de jours après, il l'épousa. Cendrillon, qui était aussi bonne que belle, fit loger ses deux sœurs au palais, et les maria le jour même”.
Et voici donc ma version de Cendrillon.
Les pantoufles de verre/vair ,sont ici des chaussons que l’on mettait dans les sabots à la campagne .Parvenus jusqu’à moi dans leur plus stupéfiante simplicité, je les ai réparés avec tout le savoir de nos grand-mères.
Le premier que le prince ramasse sur le sol le soir du bal,a été embelli avec des broderies jaunes et dentelles blanches pour une beauté simple et lumineuse mais naturelle,le travail de broderie prend son origine sur les différentes réparations du chausson (pièces,raccommodage...)et aussi sur les trous .

P1000890P1000893

P1000895P1000896

P1000897P1000898

(sur les photos on eut voir aussi les formes à mettre ou pas dans les chaussons,confectionnées en lin ancien et bourrées de ouate)
Le deuxième qui reste en la possession de Cendrillon est reprisée et rapiécée avec du lin ancien (fil et tissu)et des cotons kakis ou noirs.

P1000899

P1000909

P1000910

P1000901

P1000905

P1000904

P1000906

Le premier chausson repose sur un “coussin’ qui ressemble à une courtepointe ancienne en modèle lit de poupée,fixé sur une base blanche qui ressemble aussi à un accessoire de lit de poupée ,avec du coton jaune en étoile ....pour la magie .Il est attaché par une épingle à nourrice décoré de coton jaune.
Le deuxième repose sur le fond blanc mêlé au morceau de tablier noir à petits motifs blancs omniprésent dans le travail et qui évoque bien sûr celui des paysannes en harmonie parfaite avec les chaussons.Il est aussi fixé par une épingle à nourrice.
D’ailleurs ce tablier est omniprésent dans la scène et se répand sur les deux côtés du travail,avec ses poches ses cordons et son tour de cou.
Ce coussin de présentation est fixé dans un cadre ancien ici sur l’envers grace aux cordons du tablier et avec l’aide de fils de lin discrets .
Les volutes de la citrouille ,à minuit,sont remplacées par les volutes des petits pois qui s’enroulent autour du cadre.Ce petit pois grimpant est réalisé en fil de fer recuit et toile à matelas ancienne ainsi que fil de lin de différentes couleurs.Les cosses de petits pois sont garnies de perles vertes enfilées sur des rubans il y a aussi une fleur(tissu de robe de communiante).Certains petits pois pendent sur le côté “chaussons” d’autres de l’autre côté.

P1000869

P1000870

P1000873

P1000874

P1000883

L’autre côté est composé à partir d’un joli tissu à papillons verts sur fond blanc,mêlé au tablier.Quelques papillons viennent se promener sur le tablier (papillons cousus sur lin et léger bourrage polyester),brodés en jaune et fixés de différentes façons.Le plus gros est retenu dans la poche ,avec aussi une épingle à nourrice et quelques petits pois échappés d’une cosse.
Cette partie est un hommage au travail des champs et à la nature bienveillante de mon enfance.Il entre aussi en résonance dans ma mémoire avec les oiseaux du dessin animé Cendrillon de Walt Disney,qui virevoltent autour de la robe qu’ils décorent avec l’aide des souris.

P1000853

P1000854

P1000855

P1000856

P1000857

P1000866

 

P1000859

P1000798

P1000763

P1000837

Sur les deux côtés j’ai rajouté un petite peu de dorure avec des morceaux de passementerie ancienne,un galon en haut à gauche côté chausson et une sorte de végétation en feuille de chaque côté,un peu de dorure dans ce monde paysan de travail et de nature à récolter et à soigner au quotidien.

Le travail sur ce projet m’a fait exploré les différentes méthodes de mes ancêtres pour prolonger la vie de ces morceaux de tissus qui étaient nécessaires à leur vie quotidienne . Le long travail de réalisation des pois grimpants au plus proche de la réalité, m’a renvoyé au temps insensé que prenait à ma grand-mère, le travail au jardin et la récolte des pois ou des haricots.On peut dire que nous avons travaillé ensemble.

Posté par chantalsari à 20:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

09 mars 2016

Paquet de linge numéro 24258:"Inquiétante féminité"

Mes paquets de linge sont nés de l'idée de faire revivre des souvenirs d'enfance avec les linges et les tissus d'antan.Quelquefois des objets ou poupées y sont invités.

Les linges une fois choisis sont intimement mêlés entre eux par un ficelage qui emprisonne les tissus et leurs évocations.D'où un aspect patchwork avec des matières de toutes sortes.
Dans ma tête les choses sont précises et se réfèrent à des faits précis et aux tissus précis.
Les paquets peuvent être suspendus,collés au mur ou pendant librement,posés,tous les côtés sont différents et l'épaisseur est variable.Tout le linge est authentique soigneusement choisi,chiné ,lavé,au fur et à mesure de mes trouvailles et ressemblant le plus possible à celui de mes souvenirs...

"Inquiétante féminité"

P1230167

Sur la première face s'entremêlent trois blouses sélectionnées pour leur résonance avec les souvenirs de ma mère,ici, à l'époque de ma petite adolescence..Toujours au travail,à la maison,je ne me souviens que de ces fameuses blouses,qu'elle portait toujours,je ne mes souviens pas de robes.Se joint aux blouses des accessoires de féminité tels que le corset et des éléments qui en font partie ainsi que d'autres éléments de lingerie ancienne qui m'ont longtemps parus tellement mystérieux ,voir même effrayants.

P1230129

 

P1230130

P1230157

P1230250


J'ai été très heureuse de trouver les bigoudis qui faisait partie des préparatifs de coiffure en grande occasion.J'en ai mis en paquets dans des poches,dans des des filets un peu partout avec les piques colorés.
Je me souviens de l'instant ou on tire la mèche et où on la roule bien serrée avec les pointes hérissées des bigoudis qui s'enfoncent dans le crane et le pique qui vient s'ajouter et le filet qui comprime le tout...alors on garde le casque aux piquants quelques temps car "il faut bien souffrir pour être belle".
J'ai ajouté quelques peignes d'époque et grosses épingles...
Les baleines de corset ont été trouvées dans un tiroir de machine à coudre ou elles terminaient souvent...
Les bas très fins portent un joli logo calligraphié en blanc ,une douceur qui contraste avec l'environnement hostile.
(Dans ce paquetage où se trouve la femme?Au travail,contrainte dans des vêtements, dans une lingerie qui tient plus de l'emprisonnement corporel et non de la séductuon.Un appareillage compliqué qui va contre toute liberté et sensualité.
Comment la petite fille devait-elle faire pour évoluer vers son image de femme en devenir,en observant toute cette quincaillerie???)

P1230132

P1230134

P1230178

 

P1230210

P1230274

 

Sur l'autre face l'élément principal est une serviette hygiénique qui date de bien avant mon époque mais qui est incroyable: réalisée en laine et coton blanc,petits boutons blancs,très épaisse et peu douce,je n'ose imaginer la chose" en état d'activité."Celles aux quelles je fus confrontée étaient en tissu éponge,blanches,soigneusement pliées et repassées dans la table de nuit de ma mère.J'avais noté leurs présences singulières à certaines époques.Quand se fut enfin mon tour de les utiliser on me débarrassa très vite de ce calvaire pour une solution plus pratique hygiénique et jetable.

J'ai brodé une serviette avec les mots grande fille ,jeune fille ,que l'on employait pour désigner la fille devenue pubère.L'autre serviette sert de poignée à mon paquet ....(cousue et fixée au coton rouge)
De ce côté une autre blouse est associée avec une couverture en granny....J'ai le souvenir de cette frénésie qui empara certaines tricoteuses ou crochetteuses,à l'époque, ,la femme au foyer avait de quoi s'occuper....J'ai porté moi même un gilet composé de carrés verts avec des fleurs...genre gazon....ce ne fut pas un franc succès,pourtant je me souviens que je l'aimais bien,j'étais consciente de son étrangeté et puis ce n'était pas un pull tricoté ou un gilet classique .
Trois poupées mannequins(ou morceaux) sont présentes sur ce côté ,l'une porte un pantalon à fleurs et pattes d'éléphant qui semble très féminin et mode .Mais il a une autre signification pour moi.
Mauvais souvenir ,car je dus porter celui qui appartenait à mon frère (et oui ....c'était la mode à l'époque) au moment ou ce n'était plus à la mode du tout et surtout pas pour une fille.(mais bon ,il n'était pas usé et il avait été un investissement inhabituel à l'époque pour un vêtement).
Ma barbie a les cheveux rasés,ce qui renvoie à mes aventures capillaires car longtemps je dus porter mes cheveux courts parce que c'était plus pratique.A côté une tête de barbie et ses bigoudis.Plus haut une poupée mannequin qui porte un peigne sur des cheveux trop courts.
La pochette en plastique du slip périodique(libérateur) est en bonne place le slip est sur la gauche .(quelle belle invention)
Sur cette face aussi j'ai laissé des bigoudis se promener à certains bouts de ficelle.

Ce paquet porte le numéro 24258,composé avec des jetons de loto en bois.Ce numéro est fixé au porte clé médaille pieuse, portant deux petites clés ,trouvé lui aussi dans une tiroir de machine à coudre ancienne.

A l'intérieur du paquet un drap ancien sert de base intime au paquet.
Le drap est toujours présent dans mes paquets car il constituait la base du linge de famille.(trousseau).
Certains paquets sont lourds de sens et pas facile à porter.

Quelques détails en photos:

P1230144

P1230197

P1230199

P1230206

 

P1230212

P1230216

P1230232

Dimensions:
45 à 48cm de hauteur
Environ 38cm de largeur
Poids:environ 4,4 kilos

P1230264

 

09 octobre 2015

Paquet de linge spécial:"Petit chaperon rouge"

Ce paquet de linge n'est donc pas un paquet de linge de famille à proprement parler.

Mais l'histoire du Petit Chaperon Rouge fait partie de notre patrimoine culturel et de notre imaginaire collectif si fortement qu'il fait partie de notre famille à tous....

Ainsi en travaillant sur les chemises de grand-mère, l'idée m'est venue d'en choisir une pour celle du Petit Chaperon Rouge.

Dans un premier temps j'ai eu envie de broder en rouge des mot clés du conte mais il m'est apparu que broder un morceau de texte serait mieux et donc,j'ai choisi le début du texte.

 

12074945_1058644717509494_1238874692036193312_n

 

Après avoir admiré mon linge brodé au soleil d'automne ,il a bien fallu se résoudre à raconter la suite de l'histoire...

P1210876

 

Quitter le vol de la chemise dans le soleil d'automne pour l'intégrer dans un paquet n'a pas été sans douleur, mais telle était sa destinée.Elle s'est naturellement associée à un joli tissu fleuri ancien art déco noir (le bois,le noir,les fleurs,le rouge) ,puis contrairement à ce que j'ai fait pour mes autre paquets ,j'ai cousu à grands points rouges la chemise et le tissu...Un gant qui rôdait dans mes tissus s'est transformé en loup,dents sanglantes brodées en rouge et oeil de verre,cousu à grands points de fil de lin.Un ex-voto ancien est fixé en haut de la chemise à gauche comme un écusson annonçant le désastre à venir.Sur cette face on voit aussi la clé ancienne présente dans chaque paquet attachée à un ruban blanc puis à un ruban rouge enroulé autour d'une bobine ancienne...

Cette bobine vient en illustration de la phrase:« La bonne Mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. » qui lorsque nous l'entendions, enfants, nous plongeaient dans un abîme de perplexité.

L'intérieur du paquet est composé de:

Un dessus de lit rose et banc fleuri à bandes verticales et roses.

Un rideau orange ,rouge,noir et écru genre filet avec des franges rouges.

Un autre filet écru.

Une chemise ancienne de lin.

Deux tabliers "de grand-mère"noirs à fleurs ou pois.

Ces différents tissus apparaissent sur les côtés du paquet composant avec le ficelage de fil de lin des assocatiaition colorées et vivantes.

 

P1210884

 

P1210885

 

P1210887

 

P1210889

 

P1210890

 

 

P1210913

 

P1210892

 

P1210912

 

P1210911

 

 

P1210893

 

P1210910

 

P1210897

P1210896

 Ainsi le paquet destiné à être accroché, est visible sur deux faces et sur ces côtés .Il peut également être posé.

Celui ci est particulier car j'ai souhaité que la branche face partie du paquet,cette histoire se déroulant dans les bois.La branche est reliée au paquet par deux morceaux d'un joli napperon blanc et rouge déchiré par mes soins.Ce tissu est cousu au paquet(coton à broder rouge).A l'une extrémité de la branche j'ai entouré un morceau de tricot rouge troué également par mes soins à la façon du yarn bombing.La création s'étendant ainsi au branchage.

La deuxième face est composée comme suit:

P1210972

P1210968

J'ai disposé mes différents éléments sur une base de tissu ancien métisse gris sur lequel figure en bleu un dessin de bouquet de fleurs ,patron de broderie.

Des fleurs colorées sont aussi présentes sur un magnifique napperon.

Il y a aussi un chapeau rouge et ses lacets avec un noeud et petites décorations dorées.

Deux morceaux du tissu floral art déco sont présents (dans le chapeau et en haut à droite).

Une robe de poupée ancienne fabriquée dans un tissu chaperon rouge .

Des bras de poupée avec une jolie patine et des manques.

Deux demi-corps de poupée cartonnés "dans leur jus".

Une tête de poupée coiffée d'un morceau de napperon rouge(que l'on retrouve en haut pour l'attache).

Deux jambes en bois.

Ainsi se désarticule notre petite fille.

Cruel destin pour ces deux femmes...

P1210643

P1210645

P1210651

P1210653

P1210915

 

Un paquet chargé d'histoire!!!!!

 

 

P1220023

 

P1220029

 

Posté par chantalsari à 12:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

02 juin 2015

Paquet de linge numéro 106:"Le père Noël n'existe pas"

Alors le moment est venu de s'attaquer à quelques souvenirs d'enfance tenaces.

Ce paquet est composé comme suit:

-Nano un baigneur d'époque nu et couché dans son lit:

P1200469

 

Nano était couché dans son lit.Bien bordé,bien serré, dans un drap blanc ou rose car c'est une fille,avec une couverture à carreaux et un dessus de lit avec des feuilles de lierre exactement comme celui qui recouvrait mon lit de l'époque.Des volants garnissaient le tour.De sorte que ce poupon qui aurait du être une fille était aussi moi même.Parce que, une poupée,cela ne peut être qu'une fille avec des cheveux que l'on coiffe et à qui on peut mettre des jolies robes;NON?

Le baigneur est couché dans un lit constitué d'un drap,composé de deux draps anciens ,l'un blanc car je voulais qu'il y ait cette bordure en haut de "jours" brodés,puis un rose sur lequel j'ai cousu une succession de fleurs vertes et roses car je me souvenais d'un bordure ou d'un galon.Puis un morceau de couverture verte à carreaux et rayures (mais dans mon souvenir elle est jaune et rouge et ce n'est pas une vraie couverture c'est un tissu de lainage récupéré).Le dessus de lit....je suis sûre qu'il s'agit du même tissu je l'ai retrouvé!Sous la tête j'ai glissé un morceau de drap rose mais j'ai rajouté un mouchoir à fleurs,sous la tête.

Les mouchoirs que je nommais "ninnins" me servaient pour m'endormir.J'en ai choisi trois que j'ai attachés au paquet avec des épingles à nourrice ,pour deux d'entre eux et le troisième est noué à la clé et porte le numéro 106.(cette clé est glisée au coeur du paquet avec un secret écrit sur une feullie ancienne et realatif à ce paquet-souvenir).J'aime beaucoup les dessins de ces anciens mouchoirs et les couleurs.Il me semble qu'ils sont proches de ceux que je pouvais avoir alors.

Un tablier bleu de dame est installé sur le côté avec une poche d'où s'échappent deux mouchoirs à carreaux (pour mon frère?).Ce joli tablier possède un galon fleuri.En bas un manteau de laine pour une poupée,qui pourrait convenir à Nano mais qui dans mon souvenir était rouge.Un magnifique tissu vintage rouge et vert et noir évoque la chambre de mon frère aîné.C'est un rideau qui contribue aussi à l'épaisseur du paquet.Les lanières du tablier constituent l'anse pour porter ou accrocher le paquet.J'ai aussi utilisé des épingles à nourrice dont une énorme(ancienne argentée).J'ai également cousu au fil de lin et j'ai laissé l'énorme aiguille utilisée ,piquée de l'autre côté du paquet.

P1200559

 

P1200556

 

P1200555

 

P1200540

P1200548

De l'autre côté du paquet:

 

P1200447

 

 

Sur le tissu du rideau vintage,les draps et la couverture,j'ai disposé une robe ancienne de poupée voir de petite fille rouge est bleu marine,un mouchoir d'enfant,avec des personnages (comme ceux de l'autre côté),mais celui-ci est bien maintenu par les fils de lin.Sur un petit coussin vintage poupée ancienne,une minuscule poupée rose avec une jupe rose.Dans ce coussin est piquée l'aiguille avec laquelle j'ai cousu quelques élément du dessus du sommet du paquet et son fil de lin.

Un petit poupon qui ressemble fortement à Nano est disposé ici en petite salopette rouge et bonnet rayé bleu et blanc.Dans chacune de ses mains il "tient"une perruque de poupée(mannequin ancienne).J'ai glissé une mèche de cheveux sous son bonnet.Un nouveau mouchoir d'enfant fleuri passe sur sa tête comme un foulard.

Enfin en bas à gauche j'ai disposé une cocarde destinée à récompenser aux examens blanche et dorée avec en son centre à la place du mot reçu,une brosse de plastique rose.

P1200501

 

P1200502

P1200500

P1200505

P1200504

P1200522

Ainsi est constitué ce paquet de linge...et il contient bien plus que du linge ,il contient un secret caché en son centre avec la clé.

Voici quelques photos supplémentaires et ensoleillées.Le paquet est présenté sur une ancienne chemise en lin.

P1200477

P1200489

 

Posté par chantalsari à 15:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

20 juin 2014

Paquet de linge numéro 056:"Ma grand-mère en son jardin aux haricots et aux pois"

Voici mon troisième paquet celui qui concerne mes souvenirs d'enfance au jardin de ma grand-mère et donc des souvenirs de ma grand-mère...

La première idée et porteuse du projet est celle du tablier que portait tout le temps ma grand-mère.Noué à la taille.

Quand il tombait normalement,il lui servait bien sûr de tablier.

Mais il avait de nombreuses autres fonctions.

En relevant les pointes des deux côtés et en les glissant sous la ceinture il constituait une poche dans laquelle trouvait sa place les haricots récoltés etc...

En cours de promenade,ou en ramenant les vaches a la ferme,elle pouvait aussi le détacher, le poser au sol et y placer des herbes rapidement fauchées à la main pour ses lapins.

Et hop un baluchon sur le dos.

De cette manière il pouvait servir aussi à ramasser du linge déjà sec etc.

Peut-être qu'il avait une importance toute particulière pour moi car petite j'étais à son niveau peut-être même que j'en tirai un pan, pour faire mes premiers pas?

Peut-être parce qu'il pouvait recéler des trésors:des oeufs de poule?quelques bonbons?une poignée de fruits?

En tout cas dans mon souvenir il est bleu, celui que j'ai chiné est un tablier de lavandière bleu à petits carreaux.Il est très beau.Je l'ai disposé de façon à ce qu'une partie tombe comme la poche de mon souvenir et j'ai mis des haricots ou pois que j'ai confectionné moi même et qui sont présents sur toute cette partie de mon paquet.Je les ai fabriqué avec de la toile à matelas verte et du fil de lin cousu ou entouré,ainsi que  du fil de fer(pour certains d'entre eux). Quelques uns contiennent des petits pois en laine feutrée d'autres des perles de bois vertes enfilées sur des rubans .(l'un est accroché à la paire de ciseau l'autre à la clé cachée dans le paquet.

L'importance des petits pois et des haricots est telle que l'importance de ceux-ci dans le quotidien de la vie de ma grand-mère et des femmes autour d'elles,à cette époque.

Il fallait les cultiver,les entretenir ,les récolter ,les éplucher.

Je n'aimais pas équeuter les haricots verts en ayant soin d'enlever les fils,car quand on passait à table ,s'il restait un fil je risquais des remarques...

Par contre j'adorais ouvrir les cosses des pois, comme on ouvre une huitre dont on ne saurait pas par avance combien elle recèlerait de perle,car ces pois étaient pour moi autant de perles ou bien des familles car les pois sont bien rangés dans leur loge avec des grands et des petits.

Il étaient si beaux  lorsqu'ils tombaient dans la casserole ,en avalanche de verts silencieux et brillants.

C'est vrai sans aucun doute c'était des perles précieuses....

Mais pour ma grand-mère et toutes ces femmes il fallait aussi faire des conserves si la récolte était abondante.

Donc on entendait toujours parler de haricots et de petits pois,comme si toute une partie de la vie de ces femmes en dépendait."Je vais m'occuper de MES haricots"....C'était plus qu'une occupation c'était un exigeant travail,une préoccupation constante.

De faite,ma grand-mère travaillait tout le temps.
C'est pourquoi dans mon souvenir elle est toujours en blouse ou/et avec un tablier.

La traite des vaches,l'épluchage des pommes de terre,la cueillette des fruits au verger,le travail de la vignes,la récolte du foin,les mains toujours en action tannées et abîmées par tous ces rudes travaux sans oublier la lessive le lavoir etc...et le reprisage du linge.

J'ai l'impression de parler du bon vieux temps mais si tel est le cas dans mon souvenir , parce que au cours de toutes ces taches je pouvais jouer, il faut bien dire que je me rends compte maintenant que ma grand-mère et tous les autres travaillaient tout le temps,c'était rare qu'ils n'aient pas un outil dans leurs mains ou une tache à accomplir....

C'est pourquoi j'ai laissé les ciseaux de ma grand-mère dans le paquet ,ils étaient souvent pendus autour de son cou car elle en avait toujours besoin.`

J'ai aussi laissé le carton sur lequel était enroulé le fil de lin que j'ai utilisé dans mon paquet et ma couture.

J'y ai inclus aussi une page de livre ancien sur la culture des haricots.

En ce qui concerne les tissus.

Pour la première face le jardin de ma grand-mère,le dessus est un dessus de coussin délicieusement désuet et brodé d'un jardin idyllique,fleurs ,puits et oiseau bleu,jolie volubilis colorés,feuillages etc...j'ai délibérément caché ce jardin de rêve avec un rideau en tout point conforme dans mon esprit à celui qui ornait la porte de la cuisine de ma grand-mère,un joli coton blanc décoré de fleurs et ajouré .En haut il porte encore ses jolis anneaux dorés et torsadés.Je l'ai laissé pendre en bas du paquet où il se joint au tablier qui vient de l'autre face (des épingles à nourrice les maintiennent ensemble).Caché de l'autre coté aussi par une partie d'un sac à "patates "très épais et j'ai laissé à voir une partie reprisée ,le sac est inclus dans l'épaisseur de mon paquet.

Présents aussi, deux mouchoirs à carreaux qui eux aussi avaient différentes fonctions à part celle de mouchoir on pouvait y mettre aussi sa petite cueillette ou s'en coiffer si le soleil était trop chaud.(un noeud aux quatre coins).Nombre de bobos étaient pansés avec...nos pauvres genoux égratignés..Puis enfin indispensable aussi pour se souvenir de quelque chose...(tu feras un noeud à ton mouchoir)...

Sur cette partie on trouve aussi un morceau de torchon. Tous les éléments qui accompagnaient le travail de ma grand-mère.

J'ai ajouté un morceau de robe de petite fille avec des boutons jaunes et de croquets jaunes ..ma présence...

Dans l'épaisseur du paquet j'ai ajouté une blouse noire à pois, rouge,vert,blanc.Une chemise de grand-père joliment usée et reprisée.
Un sac de lin ou métisse est dans l'épaisseur (sac à viande).

Sur l'autre côté on voit surtout:

-une blouse tellement usée qu'elle s'est déchirée au lavage ,j'ai mis en valeur des parties comme les manches,poches ,poignets ,boutons une très belle reprise,elle est grise et violette à carreaux des couleurs qui me rappellent ma grand-mère

-deux dessus de cheminée l'un métisse de lin avec des feuilles de vigne et du raisin ,broder blanc,(la vigne très présente aussi dans les occupations de ma grand-mère),l'autre plus clair à fruits bordés de jaune et d'orange (pomme,poire,raisin).

Le paquet est doc entouré" de fil de lin de manière à être compact.

J'aime le rendu des deux faces,car en serrant les fils j'obtiens des compositions de couleur et de matières.

Le rideau comme le tablier tombent...

C'et un ruban bleu passé dans les anneaux qui sert de poignée pour accrocher le paquet.
J'ai remforcé l'attache avec quelques coutures au fil de lin.

Le paquet est photographié au au soleil pendu devant un drap blanc.

 

P1140276

 

P1140280

 

P1140288

 

P1140314

P1140316

P1140508

 

P1140358

P1140359

P1140410

 

 

P1140615

P1140568

P1140480

 

 

P1140527

P1140412

P1140413

 

 

P1140560

P1140416

P1140556

 

P1140526

 

P1140342

 

P1140377

 

 

ce paquet contient un morceau de mon enfance,en le composant,j'ai eu la sensattion de m'y relonger voir même de sentir la présence de ma gran-mère....  

 

21 janvier 2014

Linge de famille...

 

Voilà plusieurs années que je m'entoure de tissus anciens. Une collection non une récolte, des pièces que je ne peux pas laisser passer .
Il me semble que je les ai déjà rencontrées dans ma vie, qu’elles ont fait partie de mon enfance, de mon adolescence, de mon passé.

Jusqu’à maintenant, je me contentais de les réutiliser au gré de mes humeurs dans des créations fantaisistes : sacs, coussins, sculptures, bijoux…

Mais récemment un projet a germé dans mon esprit. (ENFIN !)

Le linge de famille.

En écrivant cela je pense d’abord aux draps que l’on devait plier lorsqu’ils étaient secs, dans une espèce de cérémonial ,un peu comme une danse, un rituel.

Cela se faisait à deux, on prenait le drap à se deux extrémités  et on reculait pour bien le tendre,on le pliait d'abord en deux (dans la largeur) puis encore une fois et on tirait et on tendait le tissu, le but de la manœuvre étant de ne pas le repasser .

Puis on le levait bien haut , il ne fallait pas qu’il  touche le sol et on le pliait en deux dans la longeur en ayant soin de bien les juxtaposer les bords,puis l’un de nous(le plus petit) lâchait et l’autre pliait le drap en deux .Je me souviens que dans cette manœuvre ma mère utilisait son menton.

Je ne sais à quel moment.

Je me souviens aussi que lorsqu’on tirait sur le drap on tirait de tout son poids et il ne fallait pas lâcher sous peine de faire tomber le partenaire ou pire le drap !!

Les draps étaient rêches et je souffrais durant toute la durée de ce pliage.

Je ne supportais pas le contact de mes ongles sur le tissu, cela me donnait de frissons et je rentrais mes ongles dans ma main pour ne pas être en contact avec le tissu ce qui ne manquait pas d’être remarqué  et on se faisait un malin plaisir à me réquisitionner pour cette tache.

Aujourd’hui le tissu de lin est un de mes préférés car il est d’une tenue remarquable et on peut en faire ce qu’on veut.

Les draps étaient importants dans la vie d'une famille.

La jeune fille préparait son trousseau.

Elle brodait des lettres pour son mariage.

On y passait sa nuit de noce.

On y avait ses enfants.

On y couchait les morts.

Les draps accompagnaient les vies ,voir les générations.

Le linge bien plié et rangé dans les armoires de ma grand-mère.

Les draps dans la lessiveuse et l‘odeur du linge et du savon…

Mais je m’éloigne de mon sujet.

Si cela continue je vais vous emmener à  la rivière avec la lessiveuse dans la brouette... 

Donc le linge de famille.

L’expression laver son linge sale en famille.

Le linge est bien plié et on peut le regarder sur l’étagère un peu comme la tranche des livres, nous découvrons dans la pile de linge ce qui la constitue.

Les années de la vie comme le linge se superposent comme les cernes d’un arbre coupé .
Se sont des strates qui s’entassent et qui peuvent cacher dans les plis des secrets( de famille).

 

P1110639

 

P1110642

 

D’où l’idée de présenter un paquet de linge qui serait  constitué des tissus connus dans mon enfance et de mettre en avant sur chaque face du paquet  un souvenir précis évoqué avec des tissus et peut-être d’autres éléments.(Regardez bien sur les photos mon paquet de linge est caché dans le linge...)

Chaque paquet présenterait deux faces à exposer,comme un tableau réversible, et donnerait à voir également  les différents tissus qui le composent.

 

Ainsi, j’ai composé mon premier paquet, en utilisant les tissus suivants :

-toile à matelas rayée(kaki er blanc)

-serviette de toilette ancienne bleue et blanche bien usée

-morceau de drap métisse(lin-coton)

-morceau de dessus de lit ancien damassé blanc avec les franges (le classique que l’on mettait sur le lit bateau)

-une serviette de toilette jolie blanche et rouge sur une face du paquet

-une chemise ancienne d'homme blanche dont on peut voir les plis boutons et monogramme rouge sur une face du paquet

-une besace ancienne de pêche qu’on nommait "musette" que j’ai découpée , elle est présente sur une des faces et sa bandoulière sert à accrocher le paquet au mur à une patère etc.(boucle pour régler la bandoulière visible sur le côté)

J’ai laissé sur cette besace les épingles à nourrice qui y étaient accrochées, on distingue aussi les boutonnières

-deux poissons brodés en tissu que j’ai chiné avec jubilation et que j’ai de suite visualisés dans ce souvenir

-Des morceaux d’un coussin ancien: nénuphars et herbes vertes (qui encadraient un cygne à l’origine)

-Un torchon blanc(ou serviette) aux dessins passés bleus et roses représentant un héron (compagnon des pêches en rivière)

-un morceau de napperon brodé : blé (le blé,l'été omiprésent)

-une pochette pour ranger une serviette de table, dont les couleurs( bleu et vert)apportent la fraicheur nécessaire.

 

P1110648

 

P1110652

 

P1110653

 

P1110676

 

P1110678

 

 

Le paquet est lié grâce à un fil de lin ancien il n’y a aucune couture.

De cette façon j’ai pu introduire quelques objets:

-Un enrouloir à ligne de pêche en bois, plat

-un bouchon ou flotteur

-un fil à pêche, plombs et hameçon (grosse monture!)

-un bouchon de liège avec un morceau de bouchon

-une boite ancienne de pharmacie qui aurait pu contenir nos hameçons

-un morceau de scion d’une canne à pêche ancienne (bambou)

 

P1110663

 

P1110662

 

P1110660

 

P1110659

 

P1110665

 

Pour maintenir le paquet et pouvoir le nouer à la bandoulière de la musette j’ai utilisé un morceau de canne à pêche ancienne (bambou).


J’ai glissé dans le paquet de linge une clé en fer forgé ,reliée au numéro 118 cuivré(choisi au hasard) et à un bouchon pour la pêche rouge et blanc (un fil de lin lie l'ensemble)
J’y ajouterai une feuille décrivant mon souvenir figé dans ce paquet de linge ("Quand on allait à la pêche...") et qui sera caché dans l’épaisseur des tissus.(où?)

P1110674

P1110606

 



J’ai conçu le tout comme un objet de déco, que l’on peu suspendre d’un côté ou de l’autre selon son envie, suivant l’environnement,suivant la pièce suivant l'instant.

Un peu valise...

Un souvenir venu de mon passé et transportable où vous le souhaitez…

 

 

P1110631

 

P1110635

 

P1110687

 

P1110629

 

 

 

 

 

 

Posté par chantalsari à 11:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,